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Edito de la Financière de l’Echiquier d’octobre 2009 :

12 octobre 2009
By Forcast

(oli64)

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Il y a un an, Bob Diamond, Président de Barclays Bank, laissait un message sur le portable de Warren Buffet pour lui parler d’une éventuelle reprise conjointe de Lehman Brothers. Warren Buffet, qui n’a jamais été féru de technologie moderne, manquait ce message. Le week-end suivant, Lehman Brothers déposait son bilan et la crise financière entrait dans sa période la plus aiguë.
Interviewé il y a une semaine, Warren Buffet racontait que, par un curieux hasard, sa fille venait de retrouver ledit message. Au journaliste qui lui demandait s’il aurait donné suite à la proposition du Président de Barclays Bank, le « sage d’Omaha » (puisque tout le monde le désigne ainsi) répondit qu’il « ne savait pas ».
Sans la maladresse ou la distraction de Warren Buffet, la crise eut peut-être pris un tour différent. Une belle illustration de la théorie du chaos, moins poétique que celle du battement d’ailes de papillon qui modifie la météo à l’autre bout du monde mais aussi spectaculaire et plus coûteuse.
Un an après, où en est le « Pape du Value » ?
Warren Buffet ne doit pas trop regretter l’opération manquée sur Lehman Brothers puisque, dans le même temps, il injectait 5 Md$ dans Goldman Sachs à des conditions préférentielles (un rendement de 10% et des options d’achat à 115$). Aujourd’hui, Goldman Sachs cote 180$ et Warren Buffet a plus que doublé son investissement. Toujours aussi doué le vieux (79 ans) sage !
Qu’en est-il du reste du monde de la finance ?
Les banques centrales ont inondé le monde de liquidités, des plans de relance de grande ampleur ont été lancés et il semble bien que le pari d’éviter la crise systémique, d’éloigner le spectre de 1929 et de relancer la machine, soit en passe d’être gagné.
Bien sûr, il y a des « effets de bord », des « dégâts collatéraux » : les dettes publiques ont explosé (il faudra bien les rembourser), la politique de « taux 0″ menée par la Réserve Fedérale Américaine affaiblit encore le dollar… Mais ne boudons pas notre plaisir, le monde semble « sauvé » et pour paraphraser les « Guignols de l’info » de Canal+, nous pouvons « reprendre une activité normale ».
Mais qu’avons-nous appris de cette crise ?
Rien de véritablement nouveau, seulement un ajustement de nos repères de gestion :
- l’achat « contrarian » reste une cause d’insomnie aiguë pour l’investisseur. Mais nous l’avions à l’esprit puisque les années 1999-2000 ne sont pas si loin ;
- nous sous-estimons toujours l’ampleur des mouvements ! Médiatisation et mondialisation des comportements poussent la volatilité des marchés vers les extrêmes… Le rebond de 2009 est spectaculaire, à l’image de la panique de l’année précédente. Acheter à contre-courant reste un formidable vecteur de performance. Mais ça aussi, nous l’avions en mémoire, 2003 est encore moins loin.
Alors, n’avons-nous finalement rien appris ?
Les précédents accidents de marché (les plus violents, ceux qui sont dans les mémoires de tous les investisseurs, le crack du Japon en 1990 ou la fin du « bull market »* en 2000) avaient suivi des excès de valorisation d’actifs. Identifier l’abus, échapper à l’explosion exubérante d’un indice (le Nikkei ou le Nasdaq) avaient donc permis d’éviter une bonne partie des dégâts collatéraux provoqués par l’éclatement de la bulle.
Les précédents accidents de marché (les plus violents, ceux qui sont dans les mémoires de tous les investisseurs, le crack du Japon en 1990 ou la fin du « bull market »* en 2000) avaient suivi des excès de valorisation d’actifs. Identifier l’abus, échapper à l’explosion exubérante d’un indice (le Nikkei ou le Nasdaq) avaient donc permis d’éviter une bonne partie des dégâts collatéraux provoqués par l’éclatement de la bulle.
2007 a aussi connu sa bulle mais elle a été enfouie dans et surtout à côté des bilans des banques ou des assurances. Habilement disséminée et dissimulée dans la comptabilité bancaire et dans des produits financiers opaques, elle n’est pas apparue sur nos écrans.
La leçon de la crise est donc paradoxale : si « loin des marchés et proches des entreprises » reste notre credo nous ne resterons plus aussi éloignés des marchés car 2008 nous a appris à mieux les écouter !

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