Greenspan crache dans la soupe
Par Pierre-Yves Dugua le 10 novembre 2009
L’extraordinaire aveu d’Alan Greenspan
Alan Greenspan, la semaine dernière, a fait un aveu extraordinaire qui est passé presque inaperçu. Il est vrai que la crédibilité de l’homme qui a dirigé la Fed de 1987 à 2006 n’est plus ce qu’elle était.
Greenspan a dit en substance que le comité monétaire de la Fed n’en sait pas tellement plus que vous et moi sur la conjoncture et les risques qui pésent sur l’économie et le système de crédit. Personnellment j’ai toujours pensé cela, quoique je supposais que grâce à son accès aux réseaux de banquiers des districts régionaux de la Fed et à l’usage de données statistiques directement puisées auprès d’entreprises (et non publiées) la Fed pouvait un peu avant nous percevoir des tendances.
« Je me souviens qu’à maintes reprises, alors que je réfléchissais longuement, pour déterminer si une variation de 0, 25% du taux des Fed funds était approprié, ce n’est qu’après coup que j’étais vraiment certain que nous prenions la bonne décision. La vérité est que nous pouvons savoir avec le recul du temps, mais jamais en temps réel ». Cette admission est capitale.
1) Elle montre que les raisons des ambiguités des communiqués de la Fed (depuis l’arrivée de Bernanke, la Fed communique plus clairement c’est vrai) ne sont pas destinées à tenir les marchés dans l’incertitude. L’ambiguité est d’abord un moyen pour la Fed de cacher sa propre ignorance. Ce n’est pas que la Fed ne veut nous dire quand elle relèvera les taux. En fait elle n’en sait rien. Lorsqu’on navigue dans le brouillard, on navigue avec prudence, lentement, en parlant le moins possible, pour ne pas être pris en défaut si l’on découvre que l’on a choisi le mauvais cap.
2) Greenspan pense qu’il est futile de confier à la Fed la responsabilité de prédire les risques systémiques. Son expérience de la Fed le conduit à penser que les économistes et les banquiers les mieux informés ne sont pas tellement plus capables d’anticiper les déséquilibres systémiques que d’autres.
On pourrait étendre cet argument au FMI d’ailleurs. En annonçant que le FMI va désormais prédire l’avenir et recommander des corrections de politique économique pour éviter les déséquilibres, on commet deux erreurs. Première erreur: croire que le FMI en sait beaucoup plus que nous. Deuxième erreur: croire que le FMI a les moyens d’obliger des gouvernements souverains à changer leur politique.
Conclusion personnelle: s’il y a un risque systémique aujourd’hui c’est celui de la bulle obligataire crée depuis un an pour « relancer » l’économie mondiale. Le recours à l’endettement public massif a crée une source considérable de danger. Il n’y avait peut-être guère d’autre moyen d’empêcher la dépression. Mais le fait demeure que nous vivons sur une poudriere
pour les nouveaux
Spécialiste de la politique monétaire intérieure des États-Unis, sa gestion du krach d’octobre 1987 et de l’inflation pendant son mandat est reconnue. Louant sa grande expérience, les médias l’ont appelé « l’économiste des économistes », ou le « Maestro ». Il a cependant été mis en cause pour avoir laissé fortement augmenter la masse monétaire par une politique de taux d’intérêts très bas suivi d’un redressement conséquent des taux directeurs, ce qui est un des facteurs de l’émergence de la crise des subprimes.
du deja vu non?














On ne va pas se plaindre de ce qu’un initié dise pour une fois la vérité. Cela rejoint l’aveu d’un Pompidou disant à la fois la faible liberté de décision dont les politiques disposent, et d’autre part l’incertitude quant à la pertinence des décisions.
Cela conforte aussi ce que nous disions plus bas sur la capacité des analystes à prédire l’avenir.
Greenspan remonte dans mon estime ( au contraire de ce qu’il fera sans doute chez la plupart! )
Il y a toujours de l’hypocrisie de la part des gens en état de décider, ils ne disent la vérité (Un peu ? Beaucoup ?) qu’après la cessation de leur fonction. Bien souvent, ils n’ont pas le choix …
» Si vous avez compris ce que j’ai dit, vous n’avez rien compris ! »
(Alan GREENSPANN).
Résoudre le mal par le mal, c’est encore la solution du moment appliquée pour endiguer la dépression et relancer l’économie.
La bulle de l’endettement et du papier monnaie gonfle toujours…
La hausse de l’or intègre peut etre de façon prémonitoire cela.