La psychologie de l’allocation d’actifs
Il y a 20 ans déjà, le professeur et gestionnaire de portefeuilles Gary Brinson examinait de près un groupe de gestionnaires de fonds de pension, pour découvrir qu’il pouvait expliquer plus de 90 % des variations dans leurs rendements respectifs, tout simplement en les classant suivant la proportion de leurs actifs qu’ils placent dans les actions, les obligations et les liquidités. À peine 10 % des écarts de rendement entre ces gestionnaires professionnels pouvait s’expliquer par un quelconque talent à sélectionner les bons titres ou à prévoir les tendances des marchés.
La leçon, concluait-il : trouvez d’abord le bon « mixte » d’actions et d’obligations, car vos efforts pour dénicher les titres les plus prometteurs auront très peu d’incidence à long terme.
Les données historiques des 200 dernières années montrent que les actions constituent un véhicule d’investissement beaucoup plus intéressant que les obligations. Pour toutes les tranches mobiles de 20 ans aux États-Unis depuis le début du 19e siècle, les actions ont toujours offert un rendement net positif, ce qui n’est pas le cas pour les obligations. Comme la très grande majorité des investisseurs ont un horizon de placement d’au moins 20 ans, pourquoi alors faire de l’allocation d’actifs ?
La raison est très simple. À court terme les actions sont plus risquées que les obligations.
Certes, les actions peuvent offrir, sur une année, un rendement positif plus considérable que les obligations, mais également, à l’occasion, un rendement plus négatif que les obligations. Comme l’a montré le professeur Jeremy Siegel pour la période 1802-1992, le meilleur rendement réel offert sur une année a été de 66 % pour les actions et de 35 % pour les obligations, le plus faible de – 39 % pour les actions et de – 21 % pour les obligations. Ces chiffres ne font que confirmer qu’à court terme, les actions constituent un investissement plus risqué.
Toutefois, dès que l’investisseur a un horizon de placement d’au moins 20 ans, c’est le calcul suivant qu’il devrait faire : le rendement annuel moyen réel le plus élevé sur 20 ans a été de 12 % pour les actions et de 9 % pour les obligations, et le plus faible de 1 % pour les actions, contre – 3 % pour les obligations. À long terme, ce sont les obligations qui présentent un risque plus élevé que les actions. Dès qu’on pense investir pour au moins 20 ans, la décision la plus judicieuse est d’être à 100 % en actions ? Pour tous ceux qui ont intérêt à être pleinement investi en actions, la décision la plus importante est alors de faire du bon « stock picking », de bien choisir chacun des titres de son portefeuille, n’en déplaise au professeur Brinson.
Si vous avez un horizon de placement de 20 ans et plus, ou si votre aversion au risque n’est pas trop élevée, soyez le plus investi possible en actions. Dans le cas contraire, augmenter votre portion d’obligations jusqu’au seuil qui vous permettra de dormir sur vos deux oreilles.
Source: Extrait d’une chronique actualisée par Orientation Finance et déjà parue aux éditions Transcontinental
André Gosselin, Ph.D,
http://www.orientationfinance.com/accueil/detail.asp?IdC=64&IdD=5950
Auteur et fondateur de la philosophie de gestion de portefeuille d’Orientation Finance basée sur les conclusions de recherches académiques en finance












