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‘Les conditions d’une vraie reprise ne sont pas réunies’

12 février 2010
By pat-mail

Patrick Artus est directeur des études économiques de Natixis, membre du Cercle des économistes et professeur à l’Ecole polytechnique.

L’Insee annonce une accélération de la croissance à +0, 6% au quatrième trimestre 2009 en France. La crise est-elle finie ?

Je ne le crois pas. Les entreprises continuent de désinvestir, la consommation des ménages profite aux importations et la croissance du dernier trimestre 2009 n’est due qu’à un facteur technique transitoire, le moindre déstockage. La reprise spontanée de l’économie sera beaucoup plus tardive que d’habitude, car nous ne sommes pas dans un enchaînement cyclique normal.

Dans les années 1970 et 1980, les crises étaient liées à l’inflation, qui conduisait les banques centrales à monter les taux d’intérêt. Cela déclenchait une contraction de l’activité, l’inflation diminuait, les taux d’intérêt aussi et l’économie repartait.

Depuis la fin des années 1980 et la quasi-disparition de l’inflation, les cycles sont liés à l’excès d’endettement et à l’explosion de bulles sur les prix des actifs. Quand ceux-ci baissent, les agents économiques, trop endettés, arrêtent de dépenser. C’est ce que les entreprises ont fait en 2000 en cessant d’investir et les ménages en 2007-2008 en épargnant davantage.

Soutenue un temps par une politique économique expansionniste, l’économie repart ensuite toute seule sous l’effet de trois mécanismes décalés dans le temps : le redémarrage du crédit, de l’investissement des entreprises, puis des ménages. Plus tard encore, les revenus salariaux se remettent à augmenter. On n’en est pas là. Les conditions d’une vraie reprise ne sont pas réunies.

Le crédit peut-il repartir ?

La demande de crédit, qui plonge en ce moment, a peu de chances de redémarrer vite. Tout le monde est très endetté et la récession a fait fondre en même temps et le patrimoine immobilier et la richesse financière. Les Etats-Unis ont perdu 35 % de leur richesse et la zone euro, 25%.

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5 Responses to “ ‘Les conditions d’une vraie reprise ne sont pas réunies’ ”

  1. pat-mail on 12 février 2010 at 15 h 34 min

    Le marché reste faible.Les rebonds sur les indices européens ne durent qu’une demi-journée…
    Sur le S&P 500, on fait du sur-place .
    Vivement un mouvement vers le haut ou vers le bas.On s’ennui !

  2. pat-mail on 12 février 2010 at 16 h 06 min

    Michel Aglietta : « Les hedge funds sont des générateurs de risque systémique »

    En période de stress, les hedge funds agissant en « meute mimétique » précipitent la crise selon Michel Aglietta, professeur d’économie à Paris X Nanterre et conseiller au CEPII. Il vient de publier avec Sabrina Khanniche et Sandra Rigot : « Hedge Funds : Entrepreneurs ou requins de la finance ? » aux éditions Perrin.

    Alors que l’Union européenne vole au secours de la Grèce pour tenter de rassurer les marchés, pensez-vous que la zone euro a les moyens d’enrayer cette crise et d’éviter à l’avenir l’insolvabilité de plusieurs de ses Etats membres ?

    Michel Aglietta : Une Union monétaire ne peut pas fonctionner correctement sans solidarité budgétaire. A défaut de solidarité budgétaire, les Européens ont introduit le pacte de stabilité. Or, ce type de coordination ne fonctionne plus en situation de crise où les seuils établis à l’époque (limitation de la dette publique à 60% du PIB, déficit maximum à 3% du PIB etc.) ne correspondent plus au contexte d’aujourd’hui. Puisque l’UE ne veut pas de l’intervention du FMI, il faut qu’elle garantisse elle-même les paiement échelonnés de la Grèce ou d’autres. Mais au-delà des mesures d’urgence qui auront été décidées à Bruxelles, il faudrait transformer le conseil des ministres des finances des pays de l’Eurozone (Ecofin) en système coordonné où des décisions contraignantes pourraient être adoptées. A plus long terme, il est également crucial de réduire la différence entre le taux de croissance et le taux d’intérêt réel. Les pays en difficulté payent des taux d’intérêt beaucoup trop élevés par rapport à leur niveau de croissance.

    La crise actuelle, où les investisseurs semblent tester la solidité de la zone euro, a remis les hedge funds sur le devant de la scène. Les fonds spéculatifs ont mauvaise presse et vous publiez un livre sur la question. Jean-Pierre Jouyet, le président de l’AMF, a ainsi appelé les gouvernements européens à ne pas « faire le jeu » des hedge funds. Quel est leur influence véritable dans la crise actuelle ?

    M.A : La prise de position de Jean-Pierre Jouyet est d’autant plus intéressante que notre étude sur les hedge funds a été initialement commandée par l’AMF. Les stratégies d’arbitrage des hedge funds visent à profiter des anomalies de marché. Si certains hedge funds estiment que la situation va s’aggraver, ils vont continuer à vendre à découvert des obligations grecques, précipitant ainsi l’envolée des spreads. Quand les paris sont partagés, cela permet d’aboutir plus ou moins à un équilibre. Le risque majeur intervient quand tous les acteurs du marché spéculent dans le même sens. Nous voyons alors ce que j’appelle une « meute mimétique » se déchaîner et dont les effets peuvent être destructeurs. En période de stress, on observe une corrélation plus forte entre les hedge funds. Ils sont des générateurs de risque systémique. Pour pouvoir se sauver individuellement de positions intenables qu’ils ne parviennent plus à financer, ils peuvent être contraint de vendre massivement des titres pour récupérer de la liquidité et entraîner ainsi les Bourses à la baisse.

    L’âge d’or des hedge funds semble tout de même derrière eux. Pourront-ils continuer à faire la pluie et le beau temps sur les marchés ?

    M.A : Ils ont déjà connu des crises majeures dans la passé, pas seulement en 2008 ! A la fin des années 60, ils ont quasiment tous été laminés par l’inflation avant de renaître dans les années 80. En 2008, leurs pertes totales ressortaient à plus de 31% du montant des actifs sous gestion total ! Il en existait environ 8.000 avant la crise (il est très difficile de les dénombrer précisément), environ 2.600 ont disparu. Ce sont toutefois des entités privées qui peuvent se créer à peu de frais, une industrie en perpétuel mouvement. A l’avenir, ils vont se développer principalement dans le secteur de l’énergie et des « droits à polluer ».

    Quelles pistes avancez-vous pour les réglementer ?

    M.A : Nous avons identifié trois dysfonctionnements : leur excès de levier qui mène au risque systémique, leur opacité et le caractère déséquilibré des relations entre hedge funds et investisseurs. Il faudrait par conséquent mettre en place une régulation directe de ces fonds spéculatifs : limitation du levier, exigences en terme de liquidité etc. mais aussi une régulation indirecte via les banques d’investissement. Tous les types d’établissements qui ont une incidence systémique sur les marchés doivent être concernés par ces mesures. Le mode de rémunération des gérants de hedge funds doit aussi être réformé.

    De quelle manière ?

    M.A : Les investisseurs ne doivent plus accepter de payer des commissions de surperformances complètement asymétriques où les risques ne sont pas partagés équitablement. Le manager du fonds est incité à prendre des risques souvent inconsidérés dans la mesure où il n’assume pas les pertes de ses clients mais prend en revanche une bonne partie des gains ! Mais cela suppose un accord international au niveau du G20.

    Propos recueillis par Julien Gautier
    redaction@boursorama.fr

  3. pat-mail on 12 février 2010 at 16 h 09 min

    Pour la Grèce, l’UE « n’a pas compris sa force face aux marchés »
    L’Expansion.com – 12/02/2010 15:23:00
    François Lenoir / Reuters

    Ce sont les mots de Georges Papandreaou, le Premier ministre grec, qui regrette que son pays soit un « cobaye ». Au lendemain du sommet européen qui n’a accordé à Athènes qu’un soutien de principe, voici les réactions les plus marquantes. Du plus amer au plus égoïste.
    En plus

    *
    La crise grecque propulse les CDS sur le devant de la scène

    Le plus amer… Georges Papandreou, Premier ministre grec
    « Mon sentiment est que l’Europe n’a pas encore compris sa force pour élaborer des règles et des politiques pour faire face aux marchés internationaux », selon Georges Papandreou. Se référant aux efforts de la Grèce pour sortir de la crise, le Premier ministre grec a estimé que l’UE avait donné « son soutien politique » au plan de redressement des finances grecques, déplorant toutefois que « la lutte contre la psychologie des marchés manquait pour le moins d’audace ». Et de poursuivre : « La Grèce n’est pas une super-puissance économique, ni politique, capable de mener cette lutte toute seule. Il y a eu un manque de coordination entre les différents organes de la Commission européenne, de l’UE et de la Banque européenne centrale, il y a eu même des divergences au sein de ces organes. Devant un phénomène sans précédent dans la zone euro, nous sommes plutôt devenus des cobayes dans une bataille entre les marchés internationaux et l’Europe, on a vu de nombreux médecins avec des prescriptions différentes. »

    Le plus « donneur de leçons »… Jürgen Stark, membre du directoire de la BCE
    Le gouvernement grec doit « mettre de l’ordre dans sa propre maison », selon l’allemand Jürgen Stark, membre du directoire de la BCE, dans une interview au Spiegel. Les mesures d’austérité annoncées jusqu’ici « sont un minimum absolu qui doit maintenant être mis en oeuvre, et il faudra en faire plus étant donné la nette détérioration de la situation ». Une aide bilatérale, comme celle d’une aide de l’Allemagne à la Grèce, serait « contre-productive ou très difficile à concilier avec les principes de l’Union monétaire ».

    Celui qui positive le plus… Franco Frattini, ministre italien des Affaires étrangères
    « Si nous empêchons la contagion de la Grèce à d’autres pays, nous aurons démontré que le système de l’euro est fort et crédible », selon le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini.

    Le plus choqué… Henri Emmanuelli, député PS
    « Ces milieux financiers que les gouvernements ont aidés quand ils avaient des difficultés sont en train de spéculer contre les Etats, de mordre la main qui les a sauvé. Cela me choque beaucoup que les Etats ne réagissent pas, car il n’est pas si difficile que cela de repérer les plus gros spéculateurs », selon Henri Emmanuelli, député PS.

    La plus égoïste… Le Frankfurter Allgemeine Zeitung
    « Les Allemands doivent-ils à l’avenir partir en retraite non plus à 67 ans mais à 69 ans pour que les Grecs puissent profiter de leur préretraite ? », demande le Frankfurter Allgemeine Zeitung à propos d’un éventuel plan de renflouement de la Grèce.

  4. pat-mail on 12 février 2010 at 17 h 37 min

    Le PIB de la zone euro a baissé de 4% sur l’ensemble de 2009, selon Eurostat
    ap

    AP, Le vendredi 12 février 2010, à 17h 04

    Le Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro a baissé de 4% sur l’ensemble de l’année 2009, tandis que le PIB de l’UE 27 a reculé de 4,1%, selon les estimations publiées vendredi à Bruxelles par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne.

    Au cours du quatrième trimestre 2009, le PIB de la zone euro et celui de l’UE 27 ont augmenté de 0,1% par rapport au trimestre précédent, selon Eurostat. Au cours du troisième trimestre 2009, le taux de croissance avait été respectivement de +0,4% et +0,3%.

    La zone euro (ZE16) comprend la Belgique, l’Allemagne, l’Irlande, la Grèce, l’Espagne, la France, l’Italie, Chypre, le Luxembourg, Malte, les Pays-Bas, l’Autriche, le Portugal, la Slovénie, la Slovaquie et la Finlande. AP

    ll/v0341

  5. pat-mail on 12 février 2010 at 17 h 39 min

    Les USA sont à +5% sur les dernier mois….
    Comme prévu (comme d’habitude) la zone euro aura 12 à 18 mois de déphasage sur les USA…

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